Le mal de dos fait presque partie du tableau de la grossesse, au point qu'on finit par ne plus en parler. Il mérite pourtant qu'on s'y arrête : il gêne le sommeil, le travail et les gestes du quotidien, et certaines mesures simples le soulagent mieux que d'autres. Il faut aussi savoir reconnaître la douleur qui n'est pas un simple mal de dos.
Une gêne très fréquente
Selon une revue Cochrane de 2015, plus de deux femmes enceintes sur trois ont mal au bas du dos, et près d'une sur cinq a des douleurs du bassin. Ces douleurs ont tendance à augmenter à mesure que la grossesse avance, et elles retentissent sur le travail, les activités et le sommeil.
Ce qui aide le plus : bouger
Dans la revue Cochrane, qui rassemble 34 essais et plus de 5 000 femmes, l'exercice est la mesure la plus étudiée : il pourrait réduire les douleurs du bas du dos, et un programme de 8 à 12 semaines diminue le nombre de femmes qui en souffrent. Le choix de l'activité et son intensité se discutent avec votre sage-femme ou votre médecin, en fonction du déroulement de la grossesse.
Pour les médicaments, la règle est simple : rien sans l'avis de votre médecin, de votre sage-femme ou de votre pharmacien, même pour un antidouleur courant.
Et l'ostéopathie ?
La même revue Cochrane relève un bénéfice possible des thérapies manuelles, dont l'ostéopathie, mais sur la foi d'études encore peu nombreuses : les auteurs préviennent, pour l'ensemble de leurs résultats, que de nouveaux essais changeront très probablement ces estimations. L'ostéopathie peut donc compléter l'activité physique et les conseils de la sage-femme, sans les remplacer. Rien ne montre non plus qu'elle facilite l'accouchement : dans un essai américain publié en 2016, des séances au troisième trimestre n'ont pas modifié les taux de césarienne, de forceps ou de déchirure, et le travail a même duré plus longtemps dans le groupe traité.
La réglementation encadre ce que fait l'ostéopathe : des gestes manuels, externes et non forcés, sans geste interne ni manipulation gynécologique ou obstétricale, et l'obligation d'orienter vers un médecin quand les symptômes le demandent.
Quand ce n'est pas un simple mal de dos
Certains signes ne relèvent pas du mal de dos ordinaire, d'après les pages de l'Assurance Maladie citées en source :
- des saignements après le premier trimestre : allez tout de suite à la maternité qui vous suit ou appelez le 15 ;
- des contractions qui deviennent douloureuses ou de plus en plus rapprochées : consultez en urgence, à la maternité ;
- après 20 semaines, des maux de tête, des troubles de la vision (vision trouble, points lumineux, gêne à la lumière) ou une douleur en haut du ventre : consultez en urgence, à la maternité.
Une fièvre pendant la grossesse se signale aussi sans tarder à votre sage-femme ou à votre médecin.
Ces derniers signes peuvent révéler une pré-éclampsie. Après 20 semaines, un trouble de la vision ne se règle donc pas d'abord chez l'ophtalmologiste : il impose de consulter en urgence, à la maternité.
Au centre de Sartrouville
Sarah Gasperic, ostéopathe, consulte au centre et reçoit les femmes enceintes, les jeunes mères et les nourrissons. La page ostéopathie et périnatalité présente ses consultations et donne accès à son agenda. Les séances d'ostéopathie ne sont pas remboursées par l'Assurance Maladie.
Sources
- Revue Cochrane, Liddle et Pennick (2015) : Interventions for preventing and treating low-back and pelvic pain during pregnancy.
- Hensel et al., Journal of the American Osteopathic Association (2016) : ostéopathie au troisième trimestre et déroulement de l'accouchement (essai PROMOTE).
- Assurance Maladie (ameli.fr) : Saignements des 2e et 3e trimestres, Suivi mensuel de la grossesse et Pré-éclampsie.
- Légifrance : décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 relatif aux actes et aux conditions d'exercice de l'ostéopathie.
- Contenu rédigé pour le Centre Ophtalmologique et Médical de Sartrouville.